Cession de toute la filière bois à lBB SA : L’État béninois doit marcher sur des œufs


Ça grogne, ça murmure dans le secteur du bois au Bénin. Après l’euphorie suspecte notée du côté de la société Jupiter Impex SARL, la vérité apparaît progressivement. Elle n’est autre que l’actionnaire majoritaire qui dirige l’IBB SA aujourd’hui, est en passe de mettre la main sur un trésor d’utilité publique, au détriment des nationaux.
Il se dégage d’ailleurs que cet opérateur privé (un expatrié) gère les 65% des actions relatives à l’exploitation du bois depuis 2009 ne respecte aucune clause de la convention. Pour illustration, ils prennent le mètre cube de bois à 51 mille francs CFA, alors que les nationaux le prennent à 71 mille francs CFA avec 18% de TVA. Pour une entreprise qui avait pris à un milliard cinquante trois millions de francs CFA, ce qui va dans la poche de l’opérateur, est hallucinant. En deux ans d’exercice (de décembre 2009 à décembre 2011), il a empoché au moins deux milliards de francs CFA, tout calcul fait. S’il achetait le bois au même prix que les nationaux, les chiffres seraient moindre. Du coup, il est à comprendre que cet opérateur n’a fait que gruger l’Etat béninois par l’intermédiaire de l’ONAB (Office national du bois) à hauteur de deux milliards. Ce qui dépasse alors largement ce qu’il a mis dans l’achat de l’IBB SA (un milliard cinquante trois millions de francs CFA).

Le Social est inexistant

Le social, le dernier souci de cet expatrié. Chaque année, des Indo-pakistanais affluent dans ces usines. Ce qui fait qu’aujourd’hui, ils sont majoritaires. Conséquence, les Béninois sont maltraités et sont réduits au silence. Plus loin, ceux qui ont été reversés à l’IBB SA après la privatisation, se retrouvent encore à la charge de l’ONAB. Ceux d’entre eux qui tombent malades, ne bénéficient d’aucune couverture sanitaire. Comme tout le pouvoir de décision se trouve dans les mains de cet opérateur, il fait ce qu’il veut de l’IBB SA.

Des interrogations…

Le président Talon, en décidant de remettre la totalité des actions restantes à cet opérateur, est-il vraiment au courant de ce qui se passe dans cet univers ? Mieux, qui conseille l’homme du nouveau départ dans cette entreprise ? Ce sont là des interrogations qui brûlent aujourd’hui sur toutes les lèvres des industriels et exploitants de « l’or vert » au Bénin. Pour un président qui s’échine pour l’amélioration des conditions de vie de la jeunesse béninoise, remettre une manne comme celle de l’exploitation du bois rien qu’à des étrangers, paraît curieux. Ces derniers ont d’ailleurs voulu tromper la vigilance aux autorités, en allant verser au trésor public, la somme de 173 millions de francs CFA, juste au lendemain de l’investiture du président Talon. Alors que c’est à l’Onab que cette formalité se fait. Doit-on demander aux autorités de bien étudier ce dossier avant la décision définitive ? En tout cas, l’État a encore sous les mains la possibilité de faire employer les Béninois et en majorité dans cette filière.

Ola A.

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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