A l’heure où nous mettons sous presse, la constitution béninoise n’autorise pas plus de deux mandats consécutifs pour un président de la République, mais en politique tout peut aller vite et l’expérience ne l’a que trop démontré un peu partout. A chaque fois que le sujet d’une révision constitutionnelle aux fins d’ouvrir la possibilité à un troisième mandat, les cheveux se hérissent sur bien de têtes, pour autant, il ne manque de s’inviter au débat de temps à autre.
L’hydre de Lerne de la politique béninoise refait surface une fois de plus après que des déclarations tenues par le chef de l’État lors de la visite de son homologue nigérien aient montré clairement le peu de chances d’un remaniement ministériel. Plusieurs acteurs politiques coutumiers du fait ont tôt fait d’ouvrir encore cette brèche et de mettre sur la place publique un débat que personne de bien sérieux ne voudrait aborder pour plusieurs raisons.
En effet, on est à trois ans au moins des prochaines élections générales, et donc d’un possible changement de cap politique à la tête du pays. Ouvrir un tel débat est tout à fait prématuré car il crée une cristallisation autour d’un sujet qui peut bien attendre et qu’on a tout le temps de régler d’une manière ou d’une autre par la simple volonté d’un seul acteur majeur : Patrice Talon.
Justement, ce dernier ayant encore trois ans de gestion a bien de grain à moudre, tant les défis de développement auxquels le Bénin doit faire face sont innombrables et constituent autant de chantiers au quotidien. Evoquer un éventuel troisième mandat à tous vents serait ne pas lui rendre service et encore moins aux Béninois qui ont besoin d’un mieux être et attendent justement que leurs dirigeants soient focus sur leurs missions et non distraits par de sempiternelles questions saisonnières. Ces déclarations intempestives faites par des acteurs politiques mineurs que personne n’a missionné à part leur volonté de se faire remarquer, devraient donc se trouver une autre ritournelle car le disque est rayé, autant rechercher d’autres airs ou passer carrément à autre chose…du moins, pour le moment.
LA RÉDACTION
Changement à la tête de l’INF : Claudine Prudencio et Patrice Talon, le divorce ?
C’est sans nul doute la surprise du conseil hebdomadaire des ministres d’hier 15 Mars 2023, le départ de Claudine Prudencio de la tête de l’institut National de la Femme. La présidente d’honneur de l’UDBN est pourtant considérée comme une alliée inconditionnelle et sûre du régime de la Rupture, d’où les questions que ce départ suscite dans l’opinion publique.
Celle qui revient avec le plus d’insistance est de savoir si ce départ plutôt impromptu, est un gros accroc dans la collaboration de Mme Prudencio avec l’homme dont elle a toujours soutenu les actions depuis son avènement en 2016? La question mérite d’être posée quand on sait que celle qui a été nommée en conseil des ministres le premier septembre 2021 n’a tenu à la tête de cette structure qu’environ 20 mois. Nombreux sont les observateurs les plus avertis de la scène politique qui ont senti les liens se distendre entre la désormais ex présidente de l’INF avec le chef de l’État avec le choix de l’UDBN de rompre l’alliance qui la liait au Bloc Républicain et d’aller sous sa propre bannière aux élections législatives.
Claudine Prudencio aurait sans doute tenu plus longtemps à la tête de l’INF si les résultats de son parti avaient été autrement plus reluisants et qu’elle avait pu faire et élire des députés de son obédience à l’Assemblée Nationale, ce ne fut malheureusement pas le cas. En toute logique donc, ceci est plutôt une suite logique, d’autant que de manière préhensile et palpable sur le terrain, la situation socio-économique de la femme Béninoise a très peu bougé vers de meilleures pôles en un peu plus d’un an. Le seul fait notable est l’avènement de 29 femmes au parlement Béninois, mais est-ce du fait de l’INF ? Puisque ce sont les dispositions du code électoral et partant de son initiateur qui ont impulsé ce mouvement, on pourrait répondre par la négative.
En somme, c’est une mission qui finit en queue de poisson et peut être perçue comme une bisbille de couple à tout le moins et possiblement une situation de séparation de corps préalable au divorce. Pour autant faudrait-il se méfier d’être affirmatif à l’excès, puisque Claudine Prudencio peut à tout moment être appelée à d’autres fonctions. Une hypothèse qu’il ne faudrait pas battre entièrement en brèche quand on se souvient encore des paroles fortes prononcées par Patrice Talon, invité surprise au congrès ordinaire de l’Union Démocratique pour un Bénin Nouveau à Godomey le 30 janvier 2021. Tout en félicitant fortement la troupe de Claudine Prudencio pour son engagement à ses côtés nonobstant les assauts divers destinés à aller dans un mouvement d’ensemble de ses partisans, il n’avait pas manqué de dire qu’habituellement, il réussit toujours à obtenir ce qu’il veut mais qu’il doit avouer n’avoir pas prospéré dans ce cas. Paroles prémonitoires ou pas, le départ de Claudine Prudencio de l’INF est néanmoins comme un tournant important de l’aventure de l’UDBN aux côtés du président Patrice Talon.
LA RÉDACTION
Conseil des ministres de ce 15 Mars 2023: Claudine Prudencio n’est plus la Directrice de l’Institut National de la Femme
GRANDES DECISIONS DU CONSEIL DES MINISTRES DU 15 MARS 2023
■ MESURES NORMATIVES
– approbation des statuts modifiés de l’Agence Nationale de promotion des Patrimoines et de développement du Tourisme, désormais dénommée Agence Nationale de développement des Patrimoines Touristiques ;
– composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les infections sexuellement transmissibles et les épidémies .
■ COMMUNICATIONS
– Amélioration de la régulation du secteur des jeux de hasard, d’argent et de paris ; et mise en place d’une plateforme de contrôle ;
– Acquisition de divers équipements au profit du Groupement national de Sapeurs-Pompiers du Bénin ;
– Conditions de commercialisation des noix de cajou de la campagne 2022-2023.
■ MESURES INDIVIDUELLES
Nominations
– A la Présidence de la République
– Au ministère de la Santé
Les nominations suivantes ont été prononcées :
● A la présidence de la République
Présidente de l’Institut national de la Femme
Madame Huguette BOKPE GNACADJA
Secrétaire exécutive de l’Institut national de la Femme
Madame Flore Dênami DJINOU
● Au ministère de la Santé
Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les infections sexuellement transmissibles et les épidémies
Madame Akpédjé Anita Carolle WADAGNI.
Supposé remaniement gouvernemental au Bénin : Patrice Talon met fin aux appétits ministériels
C’est à la faveur de la conférence de presse conjointement avec son hôte nigérien, Mohamed Bazoum que le président Patrice Talon a jugé bon mettre un terme au supposé remaniement ministériel agité dans l’opinion publique depuis quelques semaines. «On ne change pas une équipe qui gagne» a-t-il répondu à la question qui lui avait été adressée. Cette déclaration faite vient ainsi un cinglant désaveu à ceux qui s’attendent à un remaniement ministériel après les dernières élections législatives. Ceux qui attendent de tous leurs vœux ce remaniement auront encore à se patienter un bon bout de temps. L’actuel locataire de la Marina n’est pas encore prêt à se séparer de son équipe actuelle.
Il faut rappeler que cette rencontre avec la presse nationale et internationale s’inscrit dans le cadre de la visite qu’effectue depuis ce lundi 13 mars sur le territoire béninois du président nigérien. A cet effet, plusieurs engagements ont été renouvelés de part et d’autre pour la vitalité de la coopération qui existe entre les deux nations.
LA RÉDACTION
Report du Festival Racines Mahi-Houindo 2023: Voici les raisons
Communiqué
Après une évaluation des préparatifs, la plénière a décidé de reporter le festival.
Ainsi, la tenue du festival Mahi-Houindo est fixée aux 14, 15 et 16 avril 2023 à Kétou.
Le Comité d’organisation présente ses excuses pour d’éventuels désagréments que ce report pourrait engendrer.
Signé le Secrétaire Administratif de l’Association
NB: Aussi l’Association Culturelle MAXI SÔDÔ SÔXÔMÊ, une Association qui travaille avec MAHI-HOUINDO invite toute la communauté de l’ère culturelle MAHI et sympathisants a vite prendre le tissu pour éviter les désagréments.
Contactez l’Association MAXI SÔDÔ SÔXÔMÊ au +229 97 57 30 57
Recours des Démocrates pour la reprise des commissions à l’Assemblée Nationale : Les 6 sages coupent la poire en deux
Après avoir reporté sa décision une première fois face au recours du parti
« Les Démocrates », la cour constitutionnelle s’est penchée sur les arguments de ces derniers le 09 mars dernier. On se souvient que les 28 députés de l’opposition avaient préféré vider les travées de l’Assemblée Nationale lors de la mise en place des commissions permanentes, arguant que leurs alter égo d’en face ne voulaient rien leur concéder pour ce qui est des postes majeurs au sein desdites commissions, basant leur argumentaire sur des dispositions du règlement intérieur.
A la lecture de la décision rendue par l’auguste institution, on est amené à parler d’une victoire à minima pour ne pas parler d’un camouflet si l’on se décide à ne pas porter de gants. Le parti au flambeau ardent a certes obtenu que les élections soient reprises sauf pour ce qui est des postes de président de commission et de vice président. On est en clair assez loin des prétentions brandies par les requérants, qui seront finalement recasés dans les commissions mais ne pourront in finae pas en prendre le contrôle stratégique. On a l’impression que le saut n’est pas allé bien loin et qu’on revient quasiment à la ligne de départ. D’aucuns diraient qu’on a perdu du temps et de l’énergie, d’autres diront qu’il y a un symbole que le recours n’ait pas été complètement rejeté. Il va falloir aller maintenant à l’essentiel, c’est-à-dire, s’atteler à la tâche.
LA RÉDACTION
Visites successives de Chefs d’États africains : Changement de cap pour la diplomatie béninoise ?
Le président de la République voisine et soeur du Niger entame une visite officielle de travail au Bénin ce jour. Une première qui sera suivie de celle du président Rwandais le mois prochain. Cette série de visites qui s’ouvre en début d’année semble marquer une rupture du pouvoir de Patrice Talon qui n’était pas spécialement enclin à recevoir ou aller forcément vers ses voisins.
On avait déjà remarqué une mise entre parenthèses de la normo communication qui était le « paradigme » marquant les actions du président de la République, cette fois c’est l’approche diplomatique qui prend un coup de neuf. Du moins note t-on une volonté d’aller vers l’international tout en ne négligeant pas le voisinage.
Désormais, on discute de manière ouverte de coopération Sud-Sud puisqu’il y a bien de choses à se dire, notamment avec un voisin historique et un partenaire naturel comme le Niger. Entre les questions de frontières, notamment la finalisation du règlement du différend frontalier de l’île de l’été, les questions énergétiques, de transport et d’échanges commerciaux, Niamey et Porto Novo ont de quoi discuter. Quant à l’axe Kigali-Porto Novo, la visite prochaine de Paul Kagamé dont la proximité avec Patrice Talon n’est plus à démontrer, ce n’est que l’officialisation de relations excellentes avec des visites notamment ministérielles et inter institutionnelles. On peut gager sur ces signaux donnés par le palais de la Marina que si l’Elysée et la maison Blanche pour ne citer que ces hauts lieux du pouvoir compte. Il ne faudrait non plus laisser de côté les relations avec Mohamed Bazoum, Paul Kagamé, Faure Gnassingbé, Paul Henri-Damiba, Macky Sall, Bola Ahmed Tinubu, pour ne citer que ceux-là. Ceci est d’autant plus logique qu’à l’ère de l’universalité et l’ouverture sur le monde, il ne sert à rien de se cloîtrer chez soi. De ce point de vue, on devra donc s’attendre non seulement à plusieurs visites officielles, tant celles à recevoir que celles honorées envers d’autres pays africains.
LA RÉDACTION
Lancement du livre « La libido retrouvée » : Danielle Pliya pour une thérapie des couples
Le centre Canna Jean Pliya de Godomey a servi de cadre samedi dernier à la mise sur le marché de la dernière production de la nathurothérapeuthe, spécialiste en nutrition et en diététique. Un livre qui sort de l’ordinaire puisque s’attaquant à une question assez tabou dans nos sociétés africaines.
La cérémonie empreinte de simplicité s’est déroulée en présence d’invités, des hommes et femmes de presse et de divers spécialistes notamment le bio mécanicien Dr Dako.
Les cent pages de cet opuscule présentées par CyraPadonou Séké de Love Power, pasteur Nadine Ngbamda et le rédacteur en chef de radio immaculée conception, ont permis de revenir sur les 21 chapitres qui font la thèse de l’auteure. Ainsi, se basant sur les écritures saintes notamment la catéchèse catholique, Danielle Pliya démystifie la sexualité en couple et prône par une alimentation saine, et des conseils pratiques pour une sexualité épanouie en couple, gage d’une vie conjugale et personnelle fusionnelle entre conjoints. Elle a d’ailleurs précisé que loin d’être une incitation à la débauche, ce livre est une invitation à une sexualité responsable et accomplie dans les liens du mariage. Une manière de promouvoir une santé physique et mentale même après cinquante ans où les questions de réalisation de soi et les préoccupations liées à la procréation, ouvrent la voie à une « seconde vie » de couple sur des bases saines qui procurent tout simplement la joie de vivre. « La libido retrouvée » que l’auteur qualifie de livre de chevet, est déjà disponible à moindre coût dans les librairies de la place.
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PROJET BAROBU pour la promotion de la paix : 390 jeunes du Borgou outillés aux rudiments de l’art griotique
Promouvoir la paix en sapant les bases de l’extrémisme dans les communes du Borgou par le biais des griots, c’est le leitmotiv de l’association Parole d’Afrique qui a procédé hier jeudi à Parakou, au lancement du projet «Barobu» et à l’installation des foyers d’interprétation en savoirs et pratiques. C’était à travers une cérémonie qui s’est déroulée en présence de Mamadou Garou N’douro BAGOUDOU, Directeur départemental de la culture et des représentants du Commandant du camp SERO KPERA et du Directeur départemental de la Police Républicaine du Borgou. Seidou BARASOUNON et Razak ABDOUL KARIM, respectivement président de l’association Parole d’Afrique et président du comité d’organisation, ont présenté le projet BAROBU qui est soutenu par l’UEMOA et Accès Culture. Ce projet vient à la suite de la 4ème édition du Festival des Arts Griotiques (FAG) célébré à l’esplanade de Deeman Radio et qui est rentré dans les habitudes depuis plusieurs années à présent.
Les activités de ce projet étalées sur 15 mois visent à capitaliser les savoirs des griots en tant que maîtres de la parole pour promouvoir la culture endogène et les attitudes et postures pacifiques.
Cette initiative de conscientisation des populations à travers la parole est donc venue à juste propos pour créer un pont entre populations béninoises, artistes et autorités en charge des questions de sécurité. Il faut préciser qu’à l’issue de la cérémonie protocolaire, un lot de kits a été remis au doyen de la corporation aux fins de servir de matériels pour la formation des 390 jeunes identifiés dans le cadre du projet.
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Élections présidentielles de 2026 : Avec ou sans Djogbénou?
Après l’installation de la neuvième législature, l’agenda du landerneau politique Béninois affiche comme prochaine échéance cruciale les élections générales de 2026. A défaut d’avoir sur la ligne de départ, Patrice Talon lui même, le camp de ses partisans aura sans doute à présenter au moins un candidat face à une opposition certes affaiblie mais pas moins revancharde. Le président du parti majoritaire à l’assemblée nationale, Joseph Djogbénou est sans doute un des possibles prétendants à la marina sous certaines conditions.
On est certes encore à quelques bornes de l’événement, mais des signaux politiques peuvent permettre de conjecturer sur les possibilités de l’ancien garde des sceaux et ex-président de l’auguste cour constitutionnelle à avoir l’onction de son camp. Pour l’emporter sur les autres courtisans, il va falloir déjà pouvoir tenir fermement les rennes de l’attelage unitaire formé par l’Union Progressiste et l’ex PRD. Cela participera à en imposer aux siens mais également attirerait la bienveillance du chef de l’État qui in finae est celui qui détient les cartes du jeu de sa possible succession. A ce jeu, son choix de ne pas siéger à l’hémicycle peut être bénéfique ou contre-productif selon le pan de la question prise en compte. En effet, rester en retrait du jeu politique en retournant au barreau par exemple participerait d’une démarche visant à avoir les coudées franches et faire preuve d’une certaine distanciation qui donne le bénéfice d’une vision plus éclairée des enjeux. Par contre, il se pourrait également que cette posture ne prospère pas, du fait que cela laisserait de la marge de manœuvre et plus d’ambitions à de potentiels concurrents qui s’empresseraient d’occuper le terrain et de se faire valoir. Le tout va donc résider dans la mise en œuvre de la stratégie et sur le poids des alliés mis à contribution. Plus on se rapprochera de 2026, plus on sera sans aucun doute édifié de manière plus claire sur les éventualités.
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