Avec le report le 03 février dernier des élections présidentielles prévues au Sénégal à quelques heures seulement de leur tenue, le pays de Léopold Sédar Senghor est entré dans une crise institutionnelle et politique sans précédent. Visiblement englué dans les vagues de la déferlante de protestations et de violence qui s’en sont suivies, le président Macky Sall multiplie, ces derniers jours, la prise de mesures d’apaisement comme pour se ménager une sortie moins houleuse, lui dont le deuxième et dernier mandat vient à échéance.
Comme pour faire volte-face en effet, le président sénégalais successeur d’Abdoulaye Wade en appelle à un dialogue national afin de trouver un modus Vivendi qui éteindrait le feu qui risque d’embraser un pays qui était jusqu’ici un fleuron de démocratie avec des alternances sans tambour ni trompette. Macky Sall comme coincé au pied du mur par la contestation populaire et les levées de bouclier de ses opposants politiques projette de faire voter une loi d’amnistie concernant les faits de violences qui ont accompagnés les événements de mars 2021 et ceux de juin 2023. Cette loi qui va passer l’éponge sur tout ce qui est arrivé lors des émeutes de mars 2021, mars et juin 2023, Macky Sall serait-il en train d’anticiper sur les risques de poursuites judiciaires qui pèsent sur la tête de certains de ses partisans dont la responsabilité est pointée dans la mort de plus de 50 manifestants lors de ces émeutes de mars 2021, mars et juin 2023 ? On est bien tenté de l’affirmer. Cette loi qui semble être un joker final dans le jeu de Macky Sall, semble être une manœuvre de survie. Il joue le tout pour le tout pour essayer de sauver sa face et sortir indemne de cette crise politique qu’il a lui-même alimentée par sa décision unilatérale d’annuler le processus électoral pour la présidentielle du 25 février prochain.
L’animal est visiblement atteint et cherche à sauver sa peau et celle des siens et à défaut de sortir par la grande porte. Il essaie de se faufiler par la fenêtre entrebâillée.
Cette crise politico-institutionnelle au Sénégal est un exemple grandeur nature pour les présidents africains qui, pour des intérêts inavoués, jouent avec le destin des peuples qui, au demeurant, démontrent de plus en plus que le temps des contorsions et autres manœuvres politiques est révolu. Espérons que cela serve de leçon sous d’autres cieux où le virus serait entrain de faire son chemin dans des cerveaux enfiévrés par la dépendance au pouvoir.
LA RÉDACTION
Report des présidentielles au Sénégal : Macky Sall, dans du rattrapage, veut s’offrir une porte de sortie honorable. Appel au dialogue national. Adoption d’une loi d’amnistie en téléchargement