Situation carcérale de Reckya Madougou et de Joël Aïvo : Qui pour amener Patrice Talon à infléchir sa position ?



Deux ans et plus désormais que l’ex égérie des Démocrates, Reckya Madougou et l’universitaire Joël Aïvo sont dans les liens de la justice après des procès qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive notamment du fait de la teneur des peines à eux infligées. Depuis lors, des tentatives de médiation et diverses formes d’intervention ne sont arrivées à rien changer à leur situation.
Pire encore, le parti Les Démocrates qui n’a de cesse dans sa plateforme revendicative de demander la libération des leurs détenus suites aux heurts et aux événements concomitants aux élections municipales et présidentielles passées ne savent sans doute plus à quel saint se vouer dans ce dossier qui se fait de plus en plus épineux. Lors de leur dernière rencontre impromptue avec le Chef de l’État au Palais de la Marina, il leur a d’ailleurs été notifié une fin de non-recevoir quant à une éventuelle grâce présidentielle. Ils ont certes obtenu que le dossier des étudiants et autres jeunes derrière les barreaux soit étudié avec plus de célérité. La seule porte qui restait plus ou moins entrebâillée était celle de l’Assemblée Nationale dans le cadre d’une loi d’amnistie qui viendrait à rendre leur liberté aux prisonniers les plus célèbres actuellement présents dans les geôles béninoises. Eh bien si un quelconque espoir pouvait poindre à l’horizon vers les députés à Porto-Novo, il vient de se dissiper comme un mirage. Le Chef de l’État dans un entretien accordé à Marie Léa Yémadjro et à Serges Ayaka a fermé la porte à double tour. Il a en effet déclaré que même si les Démocrates étaient les seules forces politiques présentes à l’assemblée nationale, le vote de la loi d’amnistie ne serait pas techniquement réalisable. Comprends qui peut !
Face à cette position tranchée du premier magistrat de la République, il eût fallu que ce dernier soit réceptif aux possibilités d’intervention envers lui pour que les lignes bougent. De ce côté, l’espoir n’est pas trop de mise. Sur le plan national en effet, il n’y a plus une personnalité transcendante de la trempe de Mgr Isidore de Souza, du Cardinal Bernardin Gantin pour ne pas ouvrir une liste. La voix de la Conférence épiscopale qui jadis était assez audible l’est de moins en moins comme celles de toutes les autres confessions religieuses. Les royautés également ne semblent pas faire le poids face à la posture raide de Patrice Talon, quant à la communauté internationale, elle se mure dans la prise de décisions et d’appels qui sont restés lettres mortes. Quant aux structures africaines comme la Commission de l’Union africaine et ses instances spécialisées, elles semblent totalement pusillanimes, comme la toute célèbre CEDEAO qui porterait bien volontiers le sobriquet de « machin » que le général de Gaulle avait attribué à l’ONU. A moins d’un événement imprévisible ou d’un revirement de position du Chef de l’État qui, une fois de plus, a les cartes en main. Rien ne présage d’une sortie prochaine de Joël Aïvo et de Reckya Madougou qui continueront sûrement à se ronger les freins derrière les barreaux….à moins que…

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer