Dès le début de son deuxième mandat le président Patrice Talon au nombre des réformes institutionnelles et politiques déjà diligentées a mis en place un nouveau cadre de gestion de l’administration territoriale au Bénin. Ce qui a eu pour conséquence une modification de la nomenclature et du mode de fonctionnement dans nos mairies. Après plus d’un an de mise en œuvre, cette nouvelle réforme gagnerait visiblement à bénéficier d’une nouvelle lecture afin d’évoluer et de mieux s’adapter.
En effet à l’aune de l’implémentation de la loi 2014 – 14 du 21 décembre 2021 mettant en place des conseils de supervision au sein de nos collectivités locales, des failles sont apparues grandeur nature. Elles se manifestent essentiellement par un climat délétère et une collaboration difficile voire impossible entre les maires désormais cantonnés à un rôle éminemment politique et des secrétaires Exécutifs à qui certaines de leurs prérogatives sont désormais dévolues, notamment celle d’ordonnateur du budget et la prééminence en matière de marché public. Quasiment toutes les communes, mais certaines plus que d’autres se sont ainsi retrouvées dans une situation de bras de fer permanent et de guerre lavée qui loin de contribuer à la fluidité et à l’efficacité de l’action publique recherchée par le réformateur, Patrice Talon, a eu plutôt le malheureux rôle de gripper l’appareil institutionnel de ces structures. Dès lors, sur fond de menaces et de pressions diverses, plusieurs secrétaires Exécutifs ont dû déposer le tablier. On se souvient encore du frais épisode de Toucountouna, plus loin celui de Ouidah, mais plus encore le décès de la SE Marie Roméo Mèhinto de Bantè qui continue de faire des vagues.
Il est donc clair que cette réforme doit être recontextualisée et recalibrée pour s’inscrire dans une dynamique moins crisogène. Un bilan à mi-parcours s’impose donc avant tout et cela urge. Le ministre Raphaël Akotègnon et ses cadres ont alors du pain sur la planche, car ils doivent dare dare faire de nouvelles propositions au président Patrice Talon.
LA RÉDACTION
Pour une collaboration apaisée entre maire et SE : Nécessité de revoir la réforme sur la décentralisation