Depuis son avènement à la tête du parti LD au lendemain du congrès de Parakou, Yayi Boni s’est repositionné comme l’interlocuteur naturel au sein de l’opposition béninoise. Être reçu donc au Palais de la Marina par le président de la République comme l’affiche l’agenda du jour de ce dernier est somme toute logique. Toutefois, on peut bien se demander à quoi conduira une telle entrevue ?
Elle n’est en effet pas la toute première du genre entre les deux hommes d’État ex amis et partenaires politiques d’alors opposés depuis par des positions diamétralement opposées. On se souvient en effet que le 22 septembre 2021 l’ancien président de la République était reçu dans ses anciens locaux par son successeur avec au menu des discussions, une plateforme revendicative qui n’a pas fondamentalement connu le destin souhaité. Si cette fois-ci, Yayi vient vers Talon non pas comme ancien président et président d’honneur de son parti mais comme le premier opposant au pouvoir de la Rupture, le contenu des discussions ne sera sans doute pas extraordinairement nouveau. On devrait avoir au menu des échanges, sa nouvelle revendication comme l’atteste son récent post sur ses réseaux sociaux. L’évolution du dispositif électoral en prévision des consultations électorales de 2026, mais à en croire le contenu langagier du Porte-parole du gouvernement, les lignes ne devraient pas trop bouger, du moins immédiatement.
On s’imagine également que Patrice Talon va devoir reparler avec son principal opposant de la situation carcérale des opposants au régime de la Rupture et de celle des exilés politiques. Il ne peut en être autrement lorsqu’ on sait que sur la table des députés se trouve la proposition de loi d’amnistie. Reste à savoir si des assurances seront données par le maître de la Marina dans le sens d’un aboutissement de ce dispositif légal qui aurait pour lui de décristalliser le climat politique sur la longueur, mais de la coupe à la lèvre, le chemin semble à priori encore bien long.
Si on ne devrait pas être surpris également de retrouver comme sujet de discussion, la tenue des assises nationales toujours réclamées par les opposants au pouvoir de Patrice Talon, elle n’est de toute évidence pas une préoccupation de l’heure aussi loin des périodes électorales réputées potentiellement crisogènes. La seule préoccupation de l’opposition qui pourrait logiquement connaître une avancée, c’est celle de la prise du décret sur le statut de son chef de file. Une revendication que Éric Houndété qui avait été également reçu comme Chef de l’opposition n’a pas réussi à faire aboutir avant d’avoir eu à céder le gouvernail à la figure charismatique du parti, Boni Yayi. On peut donc pratiquement affirmer que la roue ne sera pas inventée à l’occasion de cette rencontre.
LA RÉDACTION
Rencontre Talon-Les Démocrates : Pour quelle finalité ?