La question de la situation carcérale de plusieurs membres et têtes de pont de l’opposition est une question permanente mais qui semble être actuellement reléguée au second plan. C’est à travers une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) que le porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbedji a relancé le sujet, puisqu’il a dû répondre à une question du journaliste à ce propos. Sa réponse n’est pas forcément le gage d’une prochaine évolution positive de la situation.
En effet l’argumentaire développé par le porte-parole du gouvernement recadre les dossiers Aïvo et Madougou dans la résultante de procès réguliers conduits dans les règles de l’art et ayant abouti à la condamnation et à la détention de plusieurs milliers de citoyens Béninois. C’est sans aucun doute une manière de remettre la situation des deux acteurs politiques les plus importants actuellement en situation carcérale dans un contexte qui ne les particularise pas, puisque leur situation entre dans le fonctionnement normal de la justice béninoise. Quant aux nombreux appels à leur libération venant d’organisations internationales et nationales, de même que l’initiative de l’introduction d’une loi d’amnistie introduite par les députés du parti » Les Démocrates », Wilfried Léandre Houngbedji a également opiné. Le premier communicateur du gouvernement béninois a rappelé que l’issue d’une telle procédure est du ressort des députés à l’Assemblée Nationale et une manière donc de rappeler le principe de la séparation des pouvoirs qui de fait implique une non ingérence du gouvernement dans les affaires parlementaires. Pour ce qui est de la question de l’aménagement des peines, le porte parole du gouvernement a également reconnu que des dispositions légales existent dans ce sens et peuvent aboutir à un moment ou un autre à une évolution de la situation de tout citoyen qui se retrouve dans les liens de la justice. Et de rappeler qu’à sa connaissance, il n’y a pas encore eu d’activation de tels mécanismes par les deux détenus les plus connus du Bénin ou par d’autres concitoyens dans leur situation.
On peut lire ainsi entre les lignes qu’il ne faudrait pas s’attendre de sitôt à une évolution du dossier, du moins à une initiative gouvernementale, l’exécutif ayant visiblement décidé de laisser le couloir libre aux initiatives venant d’autres parties. Si d’aucuns avaient espéré que le discours du président de la République sur l’état de la nation à la veille de la célébration du premier août eut apporté de bonnes nouvelles pour Joël Aïvo, Reckya Madougou et autres, l’issue la plus probable à l’heure actuelle pour un dégel ou une avancée dans le dossier est visiblement celle de la loi d’amnistie introduite à l’hémicycle, ce qui est une toute autre paire de manches quant à ce qu’elle prospère.
LA RÉDACTION
Situation carcérale de Madougou, Aïvo et consorts : Leur libération devenue une impasse ?