Interpellé et aussitôt relâché : Kèmi Séba, un os dans la gorge de la Rupture ?



La nouvelle était partie tôt au petit matin du 16 septembre dernier. L’activiste panafricain Kèmi Séba venait d’être relâché des geôles de la police béninoise qui l’avait appréhendé brièvement quelques heures plus tôt. La soudaineté de l’événement et la manière encore plus rapide dont elle a connu son épilogue, si on peut ainsi s’exprimer, puisque la procédure n’est pas bouclée, suscite des interrogations. On se demande en effet pourquoi l’avoir arrêté et relâché dans la foulée si les charges n’étaient pas suffisantes pour le maintenir en détention prolongée ?
Visiblement le panafricaniste d’origine béninoise n’est pas forcément un cadeau du ciel pour le gouvernement béninois tant ses activités sont sulfureuses et sa personnalité controversée. Comme motifs évoqués selon des sources plus ou moins concordantes, il serait reproché à Kèmi Séba une proximité avec le défunt chef du groupe Wagner, le Russe Evgueni Prigojine dont il serait un des chargés de mission en Afrique. D’autres informations encore moins prouvées, mais quand même véhiculées par une certaine opinion lui prête des entrées au Kremlin, comme une dénommée Nathalie Yamb, souvent très caustique contre le pouvoir Français.
De là à imaginer que des coups de fils et un certain embarras ont conduit à la libération de celui qui, selon son avocat français Juan Branco, est poursuivi pour «incitation à l’insurrection» puisque gardé sous convocation, le pas est vite franchi si l’on ne prend pas des pincettes.
Gilles Stellio Robert Capo-Chichi de son nom à l’état civil est bien connu pour être un pourfendeur de la françafrique et de la néocolonisation, ses prises de position tranchées ont conduit déjà par le passé, à son expulsion de plusieurs pays africains comme la Côte d’ivoire, le Sénégal et la Guinée. On se souvient encore, il y a quelques jours, de ses prises de position tranchantes sur le réseau X contre les chefs d’État de la CEDEAO dont Patrice Talon par rapport à la crise politique au Niger où il est d’ailleurs annoncé pour le 25 septembre prochain pour une manifestation «anti-français» et en soutien à la junte militaire au pouvoir. De là à imaginer qu’il dérange par son langage par trop virulent, il n’y a qu’un pas. Ce qui est certain, le régime de la Rupture aurait bien aimé ne pas avoir un tel personnage dans son sillage.

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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