Visiblement, les militaires africains ont décidé depuis quelques temps de « prendre leurs responsabilités ». Il s’agit de retirer purement le pouvoir des chefs d’État à qui à tort ou à raison, des griefs les plus variés sont faits. La constance qu’on remarque néanmoins est que tous les putsch qu’on a notés ces deux dernières années viennent de la garde rapprochée de ceux qu’ils sont pourtant sensés protéger.
Ceux qui ont en effet pris le pouvoir dans des pays comme le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger ne viennent ni plus ni moins de la Garde républicaine donc parmi les hauts gradés du cercle rapproché des présidents déchus. Le cas s’est une fois de plus répété il y a deux jours à Libreville où Ali Bongo Ondimba a été victime de ce qu’on peut appeler une révolution de palais menée de main de maître par Brice Nguéma, un officier du serail… Le coup vient généralement de si près que même les premiers faits annonciateurs sont quasiment indétectables. Le facteur principal de la réussite de ces renversements de régime politique réside non seulement dans la soudaineté de leur mise en œuvre, mais également dans la discrétion dans laquelle leur mise en œuvre se fait. Ce modus operendi tranche totalement avec ce qu’on avait eu l’habitude de voir au lendemain des indépendances en Afrique noire post-indépendance et un peu plus loin dans les décennies avant le fameux discours de la Baule. Pas de bruits de bottes, pas de manifestations de mécontentement visible dans les casernes, mais du jour au lendemain et quasiment sans effusion de sang, les militaires prennent non seulement le contrôle du palais, mais de la personne du président lui-même et de sa famille si affinités.
C’est ce scénario qui est actuellement craint dans plusieurs capitales africaines notamment celles dans lesquelles un pouvoir établi de longue date ou un régime passablement démocratique est en place. On a d’ailleurs observé au Cameroun voisin du Gabon et au Rwanda également, des mises à la retraite d’officiers supérieurs de l’armée et un redéploiement de ceux-ci dans l’autre. De là à penser qu’il s’agit là de mesures préventives pour éviter l’effet de contamination, il n’y a qu’un pas. Et plus encore, peut-on dire que ce ne sont là que les seuls effets visibles des réactions préventives qui se mettent en place ces jours-ci dans les hautes sphères des régimes au pouvoir dans plusieurs pays pas très réputés pour tenir mordicus aux principes démocratiques. Chat échaudé, craint l’eau froide dit-on !
LA RÉDACTION
Vague de coups d’États en Afrique : Ça tremble dans certains palais