Plausible opération militaire de la CEDEAO au Niger : Attention à ne pas ouvrir la boîte de Pandore aux djihadistes



Les chefs d’États majors de la CEDEAO vont se réunir ce jour au Ghana dans l’optique des dispositions à prendre pour une intervention militaire contre la junte militaire au pouvoir à Niamey. Si les portes du dialogue restent ouvertes comme l’ont signifié à maintes reprises plusieurs voix autorisées, on ne peut plus exclure que l’institution sous régionale aille au bout de sa logique de rétablir la légalité, mais pour quelles implications ?
En effet, la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest est précaire depuis que le péril djihadiste s’est emparé de la zone sahelo-sahélienne et tout nouvel événement qui agit sur le dispositif interne des pays concernés par les attentats terroristes ne peut ne pas avoir de répercussions. Il est clair que le principe universel qui établit le respect des peuples à disposer d’eux-mêmes, ne saurait permettre que la communauté internationale reste bras croisés face à une caporalisation du pouvoir au Niger. Il ne s’agit certainement pas de faire l’apologie des coups de force mais d’en appeler à épuiser avant tout, toutes les voies de dialogue et de négociation. Cela est d’autant plus impérieux que le Niger au delà des enjeux géostratégiques et économiques, est une zone tampon en Afrique de l’Ouest et sa prise d’assaut par les mouvements d’obédience islamo serait très contre productif pour toute la sous région. Ce n’est qu’une question de logique basique, point n’est donc besoin d’être un stratège militaire pour se projeter sur les lendemains d’une action militaire de la CEDEAO au Niger. Cela impliquerait en effet que pour se défendre, que les hommes d’Abdou Rhaman Tchiani eussent besoin de mettre des effectifs de l’armée à des points stratégiques de leur territoire, notamment dans la capitale pour la défense du palais et aux frontières avec les pays voisins d’où les assauts pourraient être dirigés contre eux. En conséquence, cette même armée aurait à dégarnir certaines de leurs positions dont les islamistes pourraient facilement prendre le contrôle et envisager une dynamique expansionniste dans le reste de la sous-région.
Cette crainte est d’autant plus justifiée que les indices actuels vont déjà dans ce sens. L’actualité bruisse déjà d’une série d’opérations diligentées par les insurgés islamistes depuis le 26 juillet dernier contre les forces armées nigériennes. Déjà sept attaques meurtrières déplorées, la dernière est survenue dans la zone dite des « trois frontières » entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. C’est la plus meurtrière depuis le coup d’État qui a renversé Mohamed Bazoum fin juillet avec au moins 17 morts déplorées du côté des loyalistes. Il s’agit donc de ne pas contribuer à amplifier cette dynamique et à créer l’effet de contamination surtout.

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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