Depuis vendredi 28 juillet dernier, l’opposant politique Ousmane Sonko a encore maille à partir avec la justice de son pays quelques jours après que le siège de son domicile Dakarois des suites du dossier de mœurs dans lequel il avait été condamné à deux ans de prison. Au lendemain de son arrestation suites à une altercation avec des éléments de la gendarmerie nationale, les chefs d’accusation à son encontre ont été exposés au travers d’une conférence de presse.
Samedi 29 juillet dernier en effet, sorti face à la presse nationale et internationale, le Procureur de la République Abdoul Karim Diop a précisé les griefs retenus contre le principal opposant au pouvoir de Macky Sall. Partant de la projection d’un élément audiovisuel, compilation de propos portés au crédit du bouillonnant opposant, il a détaillé ainsi sept chefs d’accusation pour lesquels, Ousmane sonko devra se défendre pour éviter une nouvelle condamnation.
Ousmane Sonko sera poursuivi pour appel à l’insurrection, associations de malfaiteurs, atteinte à la sûreté de l’État, complot contre l’autorité de l’État, actes et manœuvres à compromettre la sécurité publique et à créer des troubles politiques graves, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, mais également vol. »
Il faut préciser que tout ceci fait suite à un incident ayant opposé Ousmane Sonko, sa garde rapprochée et un agent de renseignements qui filmait sans son consentement l’homme politique sénégalais qui après la prière du vendredi regagnait son domicile. L’appareil qui a été engagé dans les faits aurait ainsi été arraché à l’intéressé avant que les images n’aient été effacés. On connait d’ailleurs la suite, puisque la gendarmerie a pris d’assaut la maison de Sonko pour s’emparer de sa personne, provoquant des manifestations sporadiques vite réprimées. Au delà des faits, on peut se demander à juste titre si bien qu’ayant une personnalité assez bouillante, l’opposant n’est pas victime finalement d’un acharnement sans retenue au risque de compromettre la paix au Sénégal ? La réponse pourrait être facilement positive quand on observe la régularité des arrestations avec déploiement de force de la même personne dans des affaires dont la teneur et l’épaisseur laissent à désirer. On a tout juste l’impression que ce sont des peaux de banane savamment glissées sous les pas de Ousmane Sonko de manière à le rendre inéligible après que son casier judiciaire eut pris des lignes supplémentaires. Si l’on s’intéresse par exemple aux faits reprochés à l’homme politique et à leur qualification faite par le procureur de la République, on a bien envie de bouffer de rire, tant cela semble grotesque de continuer sous nos cieux d’user de tels expédients contre celui dont le péché est d’avoir manifesté sa volonté de briguer la magistrature suprême de son pays.
Ironie de l’histoire, c’est dans cette posture que Macky Sall lui-même avait accédé au pouvoir alors qu’à l’époque, il était la cible du pouvoir d’Abdoulaye Wade. L’histoire semble bégayer une fois de plus et Macky Sall est entrain de dresser une voie royale à Sonko tout simplement.
LA RÉDACTION
Politique au Sénégal : Macky Sall rend inutilement populaire Ousmane Sonko