Dans l’ordonnancement juridique béninois, la CRIET, pourtant très récente fait déjà du chemin et a beaucoup évolué dans l’idée que les Béninois s’en font désormais. Elle est beaucoup crainte, certes, mais aussi, la voit-on de plus en plus utile?
En effet, elle est désormais le bras armé de l’État dans la lutte contre la délinquance économique et financière, de même que le terrorisme. Les attributions sont certes demeurées les mêmes mais la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme donne désormais l’impression d’avoir pris ses marques.
Si à son avènement elle donnait beaucoup plus l’image de pourfendeur manipulé des opposants, sans doute à cause des procès Madougou et Aivo entre autres, elle a eu le temps de montrer un autre visage, celui de la référence dans la traque des pilleurs de l’économie nationale. On a eu le temps également de voir Mario Metonnou et les siens prendre leur part dans la lutte implacable en cours contre la cybercriminalité. Il est de notoriété que la célérité et le respect des procédures, de nombreux jeunes délinquants spécialistes de l’extorsion de fond par voie numérique ont été jugés et mis en détention. Les affaires de malversations dans l’administration et dans les sociétés d’État n’ont pas été occultées par les juges de la CRIET quand bien même il en est révélé de plus en plus ( le scandale de la SBEE par exemple).
Le Bénin pris également dans le phénomène du terrorisme transfrontalier a tôt fait de trouver par la CRIET de quoi répondre de manière juridique par la menace et ce, parfois dans la grande discrétion qui sied à de tels procédures. La CRIET depuis qu’elle est entrée en fonction a fait donc du chemin et a même été dupliquée dans d’autres pays africains qui se sont inspirés de son exemple. Même le gêne letal de l’inexistence de la double juridiction au départ a été transcendé, à telle enseigne que désormais dans l’opinion publique, la CRIET a fini par être perçu comme bien utile d’autant qu’elle a contribué à tout le moins à secouer le mammouth de la justice qui avait assez tendance à s’engourdir.
LA RÉDACTION
Appareil judiciaire Béninois : La CRIET entre crainte et renommée