Présidence de la CEDEAO : A quand finalement le tour de Patrice Talon ?



Des structures sous régionales les plus ancrées et fonctionnelles, la CEDEAO tient sans aucun doute le haut du pavé notamment en Afrique de l’Ouest. L’une de ses particularités reste la présidence tournante pour ce qui est de son leadership. On constate curieusement que si presque tous ses pairs ont déjà assumé la direction de la commission de la CEDEAO, ce n’est pas encore le cas de Patrice Talon.
Et pourtant le Bénin n’est pas un membre négligeable de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. C’est donc pourquoi ce constat mérite réflexion quand bien même on peut s’imaginer aisément la cause de celui-ci.
Sans être forcément un habitué des salons diplomatiques et de leurs couloirs alambiqués au gré des forces en présence, on peut supputer que ne pas occuper la présidence de la CEDEAO, n’est pas une volonté du chef de l’État béninois. Nul ne peut en effet cracher dans la soupe quand il s’agit d’un strapontin aussi éminent quand bien même il n’est qu’essentiellement honorifique. L’on peut arguer que ce qui se passe actuellement est la résultante de la politique menée au lendemain de son élection à la magistrature suprême de son pays, le chantre de la Rupture a choisi de ne pas faire de la diplomatie offensive notamment envers ses voisins. Cela s’est noté surtout lors de son premier quinquennat qui a vu au passage son service de communication faire ce qui a été dénommé « normo communication » , c’est-à-dire, faire et laisser dire. Patrice Talon est donc resté assez casanier et n’a pas daigné avoir un entre-soi avec ses pairs de la sous région. De cette cause aux effets indexés, le pas peut être facilement franchi mais il est aussi à constater que cette politique de vase clos n’est plus d’actualité depuis belle lurette. Patrice Talon sort désormais, on l’a vu aller plusieurs fois vers son aîné Alassane Ouattara, avoir des visites d’amitié et de travail avec Mohamed Bazoum du Niger, renouer avec Faure Gnassingbé qui n’était pas jusque là un partenaire privilégié et surtout redonner du contenu à l’axe naturel Abuja-Cotonou. La diplomatie Béninoise a désormais changé de braquets et choisi de s’ouvrir non seulement à la sous région, mais à l’Afrique et au monde ,mais le propos ici est bien sûr circonscrit à la zone Ouest africaine et à son leadership. Il est fort à parier que très bientôt, le Bénin pourrait prendre la direction de la CEDEAO comme cela a été le cas par le passé sous feu Mathieu Kerekou, sous la présidence de Nicephore Soglo et bien évidemment lors du passage de Thomas Boni Yayi à la tête du Bénin.

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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