Gestion rigoureuse des affaires publiques : Bola Tinubu, l’autre Talon du Nigéria?



En politique, l’idéal et la vision sont essentiels à l’action surtout lorsqu’on est à la tête d’une nation. Visiblement au Nigeria, la prise du pouvoir de Bola Tinubu équivaut à la mise en place d’un style de gouvernance qui tranche nettement d’avec la gestion de ses prédécesseurs. Même si comparaison n’est pas forcément raison, on peut voir dans les premiers pas du nouveau Chef de l’État du Nigéria, de troublants parallélismes avec son homologue réformiste du Bénin.
Dès sa prise de fonction le 29 mai dernier, celui qui va présider désormais aux destinées de plus de 190 millions de Nigérians a tout de suite montré qu’il n’était pas là pour faire dans du conformisme et le laxisme qu’il a identifié comme des tares contre lesquelles il faut tout de suite lutter. Il s’agit pour celui qu’on a l’habitude de surnommer « Jagaban » : «ne pas laisser ses intérêts personnels influencer ses décisions». Ce crédo peut se comprendre aisément lorsqu’on sait que comme Patrice Talon en 2016, on est en face d’un homme d’affaires et du sérail qui tout en n’étant pas directement au pouvoir en détenait beaucoup de leviers au point d’être désigné comme le parrain, le boss et surtout le faiseur de roi.
Cette fois, il est à la manœuvre et ses premières décisions montrent déjà de la poigne et de la fermeté dans l’action. On l’a en effet, vu aussitôt mettre fin aux subventions de l’État faites depuis des décennies en direction du secteur des hydrocarbures, notamment le pétrole dont le Nigéria est un gros producteur. Quand bien même, les prix ont grimpé à la pompe et déclenché un tollé au sein d’une partie de l’opinion publique et dans les pays voisins, Bola Tinubu est resté droit dans ses bottes, estimant que ces subventions bénéficient plus à l’économie d’autres pays qu’aux caisses du Nigéria qu’elles contribuent plutôt à saigner.
Le nouvel homme fort du Nigéria a également tapé dans la fourmilière de la banque Centrale de son pays dont il a limogé le gouverneur Godwin Emefiele. Ce dernier, un proche de l’ex-président Mohamadou Buhari, paie sans doute sa dernière réforme sur le Naïra qui avait très mal abouti et crée un engorgement de l’une des plus grandes économies du continent africain avec une grave crise de liquidité.
Quand bien même l’opposition trouve dans cette décision, un genre de vendetta personnelle, la procédure d’enquête continue. Le personnage de ce point de vue rappelle l’intrépidité de Patrice Talon qui contre vents et marées a mis en place depuis des années à présent, un train de réformes dans tous les secteurs de la vie publique au Bénin. Le principe directeur est clair et demeure celui d’assainir l’économie publique afin qu’elle crée des richesses au profit des citoyens. On peut donc s’attendre à un vent de réformes chez le grand voisin de l’Est. Wait and see alors…

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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