La nébuleuse terroriste a apparemment décidé de passer à la vitesse de croisière contre le Bénin qui est victime depuis plusieurs jours d’attaques aussi spectaculaires que sanglantes contre des cibles civiles. La commune de Karimama est de toutes évidences l’épicentre et le théâtre de ces tueries. La riposte du gouvernement comporte entre autres mesures le limogeage de commissaires dans la zone.
Si ce genre de mesures qui ont plutôt l’air d’être réactive peuvent être plutôt efficaces sur le banditisme local, contre un phénomène aussi complexe que le terrorisme, le doute est permis. On est en droit en effet d’être dubitatif à défaut d’être péremptoire quant au fait que le gouvernement décide de relever de leurs fonctions les officiers en charge des commissariats situés dans les arrondissements qui ont été attaqués. Cela est à notre point de vue un « saut de fusibles » ,cela n’empêchera pas les attaques de continuer même si chaque jour, de nouveaux commissaires prennent service. Il faut pour endiguer les attaques, la mise en place d’un dispositif sécuritaire plus adéquat s’impose. On a pas l’impression que les attaques de ces derniers jours soient isolées ou circonstancielles, il faut allier le renseignement ,la mise en place de patrouilles mixtes armées et polices et l’occupation de positions avancées en amont des zones à risques. A cela, il faut continuer à aguerrir les troupes et fournir en matériel adapté pour une riposte à la taille et à l’envergure de la menace qui n’est plus une lubie, mais une réalité tangible. S’arrêter derrière ces limogeages, c’est se cacher le visage avec un doigt, sachant soi même pertinemment que c’est une mesure en trompe-l’oeil, la réalité aura tôt fait de nous rattraper et c’est cela qu’il nous faut éviter. L’expérience des pays voisins devrait nous édifier à plus d’un titre.
LA RÉDACTION
Attaques terroristes et limogeage de commissaire : Est-ce toujours la solution ?