La polémique a enflé toute la fin de semaine dernière quant à la situation réelle du ministre de la justice, Garde des sceaux, Séverin Quenum. La sortie du Secrétaire Général adjoint et Porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji loin d’avoir éclairé une fois pour de bon la lanterne des Béninois, est restée dans la demi-mesure. On attendait une voix plus autorisée, elle n’a pas tardé à venir, mais jusque-là le mystère demeure.
Au bénéfice de la visite officielle de son homologue Paul Kagamé, le président de la République est revenu en effet sur la question. Qui de mieux autorisé pour maîtriser la situation des ministres en place au gouvernement, si ce n’est celui qui les a nommé même ? On espérait bien que le sujet qui a fait les choux gras de la presse juste après le Conseil des ministres de mercredi 12 avril dernier connaîtrait son épilogue. Si dans ses déclarations, le Chef de l’État Patrice Talon a semblé affirmer que le ministre Séverin Quenum est toujours en place et dans ses fonctions, il n’a pas manqué de lâcher un bout de phrase qui peut être porteur d’autres éventualités à venir. « Cela peut changer ce soir, ou demain » a-t-il en effet laissé entendre, une petite phrase qui semble être la suite logique du fameux « on ne change pas une équipe qui gagne… » et qui a jeté le froid dans certaines officines politiques où on espérait l’injection du sang neuf dans la machine gouvernementale. A prendre au premier niveau les mots du Chef de l’État, c’est qu’il a juste réaffirmé son omnipotence et son pouvoir de décision de disposer du séjour de n’importe lequel des membres de son gouvernement. Mais au delà de ce postulat somme toute logique, il y a comme l’expression d’une évolution des lignes dans le paradigme politique du Chef de l’État. Il n’y a donc plus forcément de blanc-seing à distribuer quel que soit le niveau de proximité ou de satisfaction attribuée à un collaborateur. Spécifique en ce qui concerne le titulaire du strapontin de la justice, c’est comme si l’on se retrouvait finalement dans une situation attentiste, mais jusqu’à quand et en fonction de quels éléments ? Bien malin serait l’observateur ou analyste politique qui entrerait à coup sûr dans les méandres de la réflexion de Patrice Talon. Une chose est pourtant certaine, le président béninois avec l’inauguration de l’ère des « petites phrases » lâchées par couches successives, semble avoir adopté la réal politique, il faut donc se faire à cette mutation qui se déroule sous nos yeux.
LA RÉDACTION
« Séverin Quenum toujours garde des sceaux…, » mais possible partant : Patrice Talon expose implicitement l’existence d’un malaise