Législatives 2023 et installation de la 9ème législature : Un inéluctable remaniement ministériel de Talon II se précise


Dans la tradition républicaine, quand bien même aucune disposition écrite ne l’édicte expressément, après de chaudes consultations électorales de type parlementaire, il est de coutume d’apporter du sang neuf à l’Exécutif. Au regard des résultats des élections législatives du 08 janvier dernier au Bénin, si la majorité présidentielle reste en place et que théoriquement, rien n’oblige Patrice Talon à remanier son équipe, il y a pourtant des éléments militant pour.
En effet, quand on se penche de manière précise sur la liste des 53 députés de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et des 28 du parti Bloc Républicain (BR), plusieurs ministres de l’actuel gouvernement de Talon II font partie des 109 nouveaux députés. Il s’agit notamment de Samou Adambi, Abdoulaye Bio Tchané, Jean-Michel Abimbola, Salimane Karimou et Hervé Hèhomey. Il faut préciser qu’outre Jean-Michel Abimbola qui est passé du BR à l’UP-R, les quatre autres sont du Bloc Républicain. Techniquement, cela les oblige à faire un choix, soit celui de rester dans l’équipe gouvernementale en place, soit de rallier le palais des Gouverneurs. Des deux choix, la facilité n’est d’ailleurs pas la même. Dans le cas de laisser le suppléant siéger à l’Assemblée Nationale, rien ne garantit d’être maintenu par la suite par le grand manitou de la Marina. Avec cette donne, le cas de figure le plus judicieux et moins périlleux serait de s’accorder un bail parlementaire de trois ans à Porto-Novo. Pour autant, le calibre de certains ministres élus parlementaires, comme le ministre d’État Abdoulaye Bio-Tchané et dans une moindre mesure, Samou Adambi et Hervé Hèhomey sont plus ou moins dans une posture de proximité et ou de rôle par rapport au président de la République qui donne à penser qu’ils sont partis pour rempiler. Par contre, les ministres comme Oswald Homéky, Raphaël Akotègnon, Yves Kouaro et Adam Soulé Zoumarou qui n’ont pas pu se faire élire doivent logiquement craindre d’être débarqués même si leur apport technique depuis l’avènement de la Rupture n’est plus trop à démontrer.
L’autre donnée essentielle qui pourrait décider Patrice Talon à donner de sang neuf à l’exécutif qui l’accompagne c’est l’effet de l’usure et de la saturation qui pourrait caractériser plusieurs ministres qui ayant été candidats ou non, ont déjà donné le meilleur d’eux-mêmes et qui ne sauraient raisonnablement plus casser le plafond de verre pour acquérir un nouvel élan. L’autre raison pour Patrice Talon de remanier se trouve certainement dans un aspect politique : préparer la fin du second mandat constitutionnel.
Il y a jusqu’ici beaucoup de partisans de la Rupture qui sont parmi les élus mais pas du rang des appelés nonobstant le décompte des années. Il y a donc fort à penser qu’une cure de jouvence pourrait être décidée par le locataire de la Marina qui détient toutefois et avant tout, les cartes du jeux…

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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