Mis à part l’ouverture du contentieux électoral par voie de recours des Démocrates entre autres, le processus électoral est somme toute terminé. À l’heure du bilan, sur les sept listes engagées, trois ont pu composter leur présence à l’assemblée nationale.
Ils ont pour noms : Joseph Djogbenou,
Abdoulaye Bio Tchané et Éric Houndété. Ce sont les chefs de partis qui n’ont seulement ont pu se faire élire personnellement, mais ont également pu se frotter les mains d’avoir positionner plusieurs des leurs à l’hémicycle. Le combat fut rude et sans aménité et tous les trois y ont laissé des plumes parfois. Si sur le plan national, les Démocrates ont fait des percées relativement intéressantes, leur chef de file même a souffert le martyre pour sauver sa propre tête. En effet, dans la cinquième circonscription électorale où il conduisait la liste de son parti,cil a été le seul élu alors que six sièges étaient en jeu. C’est dire quil a frôlé la catastrophe et cela pose la question de son véritable ancrage dans son fief et de sa vraie légitimité naturelle. Non pas que ce dernier qui sera le prochain chef de file de l’opposition ne soit pas fondé à siéger, mais il va falloir cravacher dur et revoir la maîtrise de sa zone électorale de prédilection au risque de se retrouver en face de déconvenues autrement plus cuisantes.
Dans la 16è où 5 sièges étaient en jeu, le chef du grand parti politique au pays, a failli passer à la trappe, puisqu’il est le seul élu portant les couleurs du baobab auréolé de l’arc en ciel. C’est de toute évidence une contre performance doublée d’un
camouflet par des populations qui aspirent à ce que leurs mandants descendent de leur piédestal et mettent la main dans le cambouis pour s’occuper sérieusement de leurs préoccupations.
Cette fois-ci, c’est passé, mais rien ne dit que la prochaine fois le fera. Il faudra donc travailler pour peser plus lourd dans la balance, sinon, gare à ne pas être éjecté par le premier bourrasque.
La situation est beaucoup plus reluisante pour Abdoulaye Bio Tchané du Bloc Républicain qui dans la 14è circonscription électorale, a non seulement pu se faire élire mais également accrocher un autre siège, ce qui lui fait un total de 2 sur les trois en compétition. A ce niveau, on peut estimer qu’on peut faire bien mieux, pour un parti dont le leader a quand même rang de ministre d’État. S’en sortir certes, mais avec autant de bobos peut donner du vague à l’âme et faire réfléchir sur l’ancrage véritable de nos partis qui ont tendance à se croire en terrain conquis dans des fiefs qui à présent paraissent comme des châteaux de carte. L’électorat Béninois est bien complexe et nécessite d’être entretenu au quotidien comme une jeune mariée qu’on ne veut laisser en proie au languissement. Pour Djogbenou, Houndété et Tchané, il va falloir avoir le triomphe modeste même si une victoire en est toujours une, quoiqu’ici, elle soit quasiment à la pyrrhus ou à l’arraché. La question reste entière : *Que vaut alors un chef de parti s’il a des difficultés à se faire élire dans son propre fief?*
LA RÉDACTION
Grands enseignements des législatives du 08 Janvier 2023 : Que vaut chaque chef de parti dans sa circonscription électorale ?