Législatives 2023 : Les grands enseignements d’une élection.- Vers une nouvelle configuration politique- 24 sièges à la femme, la touche s’officialise- Le retour de la pluralité- Regards tournés vers les 7 Sages

*Info Matin du 12-01-2023*


La Cena vient de livrer les grandes tendances des résultats des élections législatives du 08 janvier dernier fixant les différents candidats des sept partis en lice.
A l’aune de ce dénouement, de grands enseignements sont à tirer.

*Une nouvelle configuration politique de la représentation nationale*

Les dernières élections législatives ont donné lieu à un repositionnement des forces politiques en présence à l’hémicycle. Ainsi au sein des partisans du Chef de l’État, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) se démarque comme la première force politique, reléguant le Bloc Républicain (BR) dans un coude-à-coude quasi égalitaire avec les opposants du parti Les Démocrates (LD) qui au prix de véritables percées partout à travers le pays se mêlent à la guerre d’hégémonie entre les deux faux frères. Ces derniers, le Bloc Républicain (BR) et l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) seront d’ailleurs amenés à fumer le calumet de la paix afin de conjuguer ensemble la quête d’une majorité stable au profit du gouvernement Talon qui en aura besoin pour continuer à gouverner sans trop d’adversité pour les trois dernières années de son second et dernier mandat. Pour ce faire, il y a d’ailleurs de la matière, puisque l’UP-R a engrangé pour l’heure 53 représentants contre 28 pour le BR. Ce qui au final donne 81 députés inféodés à la cause de la Rupture et laissant l’opposition dans une posture qui ne lui permet pas le blocage.

*Un grand renouvellement de l’effectif des parlementaires*

Il ne pouvait en être autrement quand on sait que l’on enregistre désormais 109 députés plutôt que 83 pour l’ancienne législature. Au delà de cet aspect purement quantitatif de base, de nombreux députés de la huitième législature qui n’ont pas pu se faire positionner par leurs partis politiques, ne seront plus à l’hémicycle laissant la place à une cohorte de parlementaires en grande partie jeunes. Un renouvellement, mais aussi un passage de témoin générationnel
remarquable, toutefois on note le retour dans les travées du palais des gouverneurs d’expérimentés tels que Nicaise Fagnon, Benoît Dègla, Rosine Dagniho, Robert Gbian, Jacques Yampabou, Dakpè Sossou, Nassirou Arifari Bako, Issa Salifou, pour ne citer que ceux là.

*24 sièges à la femme, la touche s’officialise*

Au bénéfice des dispositions nouvelles du code électoral en application, chaque circonscription électorale a fourni une femme d’office, assurant déjà 24 postes de députés, sans compter que sur certaines listes comme celle du parti Les Démocrates (LD), dame Olossoumayi s’est faite élire comme titulaire. Tout ceci a permis d’enregistrer plus de femmes que jamais au parlement béninois depuis l’avènement du renouveau démocratique.

*Le retour de la pluralité*

La dernière législature qui s’en va céder la place à celle sortie des urnes dimanche 08 janvier dernier avait la tare congénitale de n’être composée que par les partisans du Chef de l’État, était taxée d’être monocolore. Elle apparaissait dans l’opinion publique nationale et internationale comme une caisse de résonnance et le symbole d’un recul du débat démocratique. Cet aspect des choses vient d’être ainsi gommé avec l’entrée au parlement de 28 députés élus sur la liste du désormais plus grand parti politique de l’opposition, les Démocrates. Ceci acte de fait le retour dans le landerneau politique de chaudes empoignades verbales à, notamment à l’assemblée nationale.

*Regards tournés vers la Cour constitutionnelle*

Les résultats publiés hier dans la mi-journée par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) ne sont que de grandes tendances issues de compilations de résultats enregistrés dans les bureaux de vote. C’est la Cour constitutionnelle qui est habiletée en matière de contentieux pour les élections législatives. Il ne manquera d’ailleurs pas d’y avoir des recours qui entraîneront des arbitrages et qui sait, des redressements qui pourraient agir dans ce cas de figure sur la répartition des sièges et l’identité de leurs occupants. Tout n’est donc pas théoriquement bouclé d’ici l’installation des nouveaux députés prévu pour la première semaine de février prochain.

LA RÉDACTION

Publié par agon christophe

Journaliste analyste

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